Sur l'idée de son amie Christiane Schmitz, "Déesse-Mère" (Mère primaire, Mère primitive...), la première sculpture en albâtre de Fontaine de la Mare prend une nouvelle dimension.

Elle la met en scène dans ses différents états (maquette en terre, résine et bronze...) au milieu d'environnements parfois surprenants, comme le parc de Yellowstone aux Etats-Unis.

Dans le cadre du festival Ault en musiques 2016, "Chant de la Déesse-mère" (la sculpture en albâtre et les photos de Chrstiane Schmitz et Fontaine de la Mare) a été installé à l'église Saint-Pierre à Ault (Somme), lors du concert "Romance viennoise", avec des œuvres de Beethoven, Schubert et Brahms.

La prochaine étape de la Déesse-Mère ont été  les Journées européennes du P(M)atrimoine les samedi 17 et dimanche 18 septembre 2016 avec, sur le thème du Matrimoine, une présentation enrichie de nouvelles photos à l'atelier Fontaine de la Mare au Tréport.


"Toi déesse-Mère", série poétique de Fontaine de la Mare (29 août 2016)

toi déesse mère
au cœur d’albâtre et d’opale

toi déesse mère
de tous les oiseaux du monde

toi déesse mère
et ton œil dans l’univers

toi déesse mère
il y a la vie en toi

toi déesse mère
le phénix est dans ton cœur

toi déesse mère
notre espoir est dans ton chant

toi déesse mère
que fais-tu de tous nos rêves ?

toi déesse mère
que la terre est dans ta main

toi déesse mère
ton désir est dans la pierre

toi déesse mère
tu renais dans le voyage




LA DEESSE MERE

Pendant longtemps, nous avions pensé le sacré en Occident sous forme masculine, d’un Dieu créateur, d’un Seigneur tout-puissant du Ciel à l’image de nos hiérarchies humaines; un Dieu du jugement (dernier), un Dieu d’exigence et de punition, un Dieu jaloux même s’il a évolué vers un Dieu d’Amour … «Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit» : une trinité qui a exclus tout féminin.

La Déesse Mère est pourtant la figure la plus ancienne des sculptures humaines existantes, dont les premières représentations datent d’il y a environ 35 000 ans.

Elle a survécu en Orient et dans les cultures premières sous mille et une formes - Isis, Ishtar, Demeter, Kali, Durga, Amaterasu, Jemanja - et secrètement aussi dans notre vénération de Marie, mère du Sauveur.

Car elle est en fait indestructible, symbole de la Vie même, de cette force cosmique inexpliquée et inexplicable, qui nous engendre, nous met au monde, nous nourrit, nous protège, nous guérit, nous épanouit et nous reprend en elle à la fin, nous et tout ce qui vit: mater-matrice du monde vivant, matrice du monde manifesté, matrice du monde tout court.

La Déesse Mère incarne cette force sous les traits humains de notre première rencontre avec elle et son mystère.

Faite de pierre, mater-matière, avec ses formes rondes et généreuses elle symbolise aussi notre planète même, notre Mère Terre, dans son caractère nourricier, abondant, protecteur, qui donne sans condition : base de la Vie, image d’un amour inconditionnel. 

Le fait que la figure de la Déesse Mère renaît - archaïque, car étant l’origine de tout, puissante au-delà de notre imagination - signifie que quelque chose de profond est en train de (ré)apparaitre à notre conscience : nous nous réveillons de notre orgueil aveuglement destructeur d’être les maîtres du monde à la vérité première que nous ne sommes que les «enfants» d’une énigme et ordre infiniment plus grand que nous, que nous devons respecter, en nous-même et autour de nous, si nous ne voulons pas périr…

Ainsi le chant de la Déesse Mère nous attend partout : dans le son des vagues, la douceur du vent, un cri d’oiseau, le silence des nuages, le regard d’un chat …S’en laisser toucher et émouvoir veut dire se laisser ramener au cœur secret de la Vie dans toute sa majesté et beauté...
Christiane Schmitz



 
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